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Rencontre avec Madame De Mostuejouls (1996)

Publié dans le bulletin N°24 de décembre 1998 des Amis du Vieux Revest

Elle nous attendait droite comme un I, dans son regard une envie passionnée de nous parler de ses souvenirs, de son passé, passé qui sert de point d'appui pour notre présent, nos racines.
Lors de la visite du château de Tourris, le lundi de Pentecôte 1996, visite organisée conjointement par les amis de la Vieille Valette et par les amis du Vieux Revest, nous l'avons rencontrée. Très vite, elle nous est apparue comme un personnage  faisant partie de notre patrimoine.

Née en 1927 à la Valette, fille de Soubic Lucien (receveur aux Tramways) et de Beaudissaire, Madame De Mostuejouls est I'aînée d'une famille de quatre enfants. Sa mère qui naquit dans une maison proche de son domicile actuel à la Chaberte, entraîna son père tous les samedis et les dimanches à Tourris. " Ma mère, quand on lui parlait de Tourris, on lui avait tout dit! ", nous dit-elle à plusieurs reprises avec beaucoup de conviction.

Le château de Tourris était un lieu de vie réparti entre le château, les dépendances, Le Ménage, La Jolie, Les Bouisses. Les propriétaires étaient la famille De Gasquet. On y cultivait du blé, de l'avoine, des pommes de terre, des cerisiers et des oliviers. Il y avait des poules, des lapins, et quelques chèvres, quelques moutons en liberté. " Les animaux étaient bien tenus ".
" Ma mère qui s'était liée d'amitié avec les De Gasquet, faisait leur bugade. En échange, ils nous prêtaient une ou deux pièces dans " Le Ménage pour le samedi et le dimanche ".
" Ma mère habitait à la Valette, à côté de Monsieur Roux, I'actuel maire. En fin de semaine, nous montions à Tourris. Je me rappelle, on était gosse, nous portions l'un un bidon de pétrole, l'autre deux kilos de pommes de terre; chacun avait son paquet ! Nous montions toujours à pied en passant par le pas de Luchon, par le vallon de la Sorbière. A la sortie du Pas de Luchon, ma mère regardait la grande barre rocheuse de la vieille Valette en disant: " Ah! la vieille Valette! "".
" Nous étions deux frères et deux sœurs. Très souvent d'autres enfants venaient avec nous. Nous étions alors une raille de minots ".
" A la Libération, nous sommes montés habiter un mois aux Bouisses et pendant la Libération, au Revest, il n'y avait pas grand-chose à-manger. Ma mère achetait un peu de blé que l'on passait dans un moulin à café pour faire de la soupe. Avec des œufs et un peu d'huile, on vivait comme ça."
" La rencontre avec mon mari s'est faite après le départ de sa femme. Je travaillais alors au Mourillon. "

A la demande de sa mère, Jacqueline Soubic a donc aidé Charles De Mostuejouls qui était seul aux Bouisses. Quand le divorce fut prononcé, elle épousa Charles. En 1948, ses beaux-parents ont vendu les Bouisses à Monsieur Isoard, habitant à Hyères.
" Cela n'a pas empêché ma mère de remonter tout le temps et toujours à pied. Parfois, elle s'arrêtait un peu à l’auberge qui était tenue par Justin de Mostuejouls, régisseur du château de Tourris. Jean Beaudissaire le remplaça vers 1966 quand les militaires le firent partir de Cordière. "
Au château de Tourris et à l'auberge, il y a toujours eu le téléphone. Le château a été longtemps alimenté en électricité par un groupe électrogène.
Les carrières étaient très actives. " Mon frère Gaby a travaillé avec Monsieur Arrati, contremaître dans la carrière de marbre ". Ces blocs étaient coupés par un câble d'acier, refroidis par de l'eau. " C'est pris entre deux de ces blocs que Monsieur Arrati est mort écrasé".
Ces blocs étaient des cubes avec des arêtes d'environ un mètre. Cette exploitation a cessé dans notre commune dans les années 1970.
" Je me rappelle de ces gros camions qui roulaient doucement. Il y avait un bloc sur le camion, un bloc sur la remorque. Ces camions avaient de grandes roues à bandage. "
Avant d'arriver à l'auberge, dans la montée, il y a à gauche de grandes restanques. On y cultivait des immortelles pour les cimetières. Pendant la guerre, il y avait un chantier de jeunesse où l'on fabriquait du tissus avec de la fibre de genêt. Cette fibre servait à la confection du dessus de chaussures dont les semelles étaient en bois.

La route n'était pas goudronnée. Le tracé actuel date des années 1970, il est le résultat de l'extension de l'actuelle carrière du Revest.
Dans Mon Journaou, il y a un cabanon. C'est le grand père de Mostuejouls qui l'a construit. Il est d'ailleurs mort d'un arrêt cardiaque pendant cette construction. C'était une famille de chasseurs de grives et de lapins. Ils ramassaient aussi les champignons que l'on trouvait alors en abondance.
Le 13 juillet 1967, la maman de Jacqueline De Mostuejouls, Madame Soubic, est décédée. Jusqu'à la fin de sa vie, elle est montée à Tourris en se faisant accompagner en voiture. Mais dans la grande barre rocheuse de la vieille Valette, résonne encore sa voix disant : " Ah, la vieille Valette! ".


Source ou propriétaireAVR
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